Près d’un enfant sur quatre souffre d’allergies respiratoires avant l’âge de 10 ans. Le choix et l’administration d’un antihistaminique doivent tenir compte de l’âge, du poids, de l’indication (rhinite allergique, conjonctivite, urticaire) et des antécédents médicaux. Les antihistaminiques H1 de deuxième génération sont généralement préférés chez l’enfant car ils entraînent moins de somnolence et d’effets anticholinergiques que les produits de première génération.
Principes généraux de prescription et précautions
Toute décision d’administrer un médicament à un nourrisson ou à un jeune enfant doit idéalement être prise après avis médical. Vérifiez l’autorisation de mise sur le marché (AMM) et la notice du produit : certaines formulations pédiatriques existent et la concentration en mg/ml varie selon la marque. Évitez l’automédication chez les moins de 2 ans sans avis pédiatrique. Signalez toujours au médecin ou au pharmacien les traitements en cours, allergies médicamenteuses, et antécédents cardiaques.
Posologies indicatives selon l’âge et le poids
Les tableaux de posologie ci‑dessous donnent des indications générales. Ils ne remplacent pas la notice ni le conseil du prescripteur.
| Âge | Poids approximatif | Cétirizine (ex. sirop) | Loratadine (ex. sirop) |
|---|---|---|---|
| 6 mois – 2 ans | 6–12 kg | AMM variable selon pays ; avis pédiatre recommandé | Souvent non indiquée avant 2 ans ; consulter |
| 2 – 6 ans | 12–25 kg | 2,5 mg/j (ex. 2,5 ml si 1 mg/ml) | 2,5 mg/j selon formulation pédiatrique |
| 6 – 12 ans | 25–40 kg | 5 mg/j (ou 2,5 mg matin et soir) | 5 mg/j (10 mg possible si >30 kg selon notice) |
| ≥ 12 ans | > 40 kg | 10 mg/j (dose adulte, selon notice) | 10 mg/j (dose adulte) |
Ces posologies sont indicatives. Certaines molécules alternatives (désloratadine, rupatadine) existent en formulations pédiatriques mais il faut vérifier leur AMM et les recommandations locales. Les quantités exprimées en mg doivent être adaptées à la concentration du sirop qui varie selon le fabricant.
Avantages et limites des principales molécules
Cétirizine : H1 de deuxième génération, efficace rapidement, bien tolérée mais peut parfois provoquer une somnolence légère chez certains enfants. Loratadine : action durable, somnolence généralement faible, bien adaptée aux activités scolaires. Désloratadine et rupatadine : alternatives efficaces, souvent prescrites pour des formes plus sévères ou persistantes mais nécessitent vérification de l’AMM pédiatrique.
Chlorphénamine et autres antihistaminiques de première génération sont efficaces mais plus sédatifs et déconseillés chez le nourrisson et pour un usage chronique. Leur utilisation doit être limitée et encadrée par un professionnel de santé.
Interactions et contre‑indications
Certaines interactions médicamenteuses existent : fonctions hépatiques altérées, association avec des médicaments prolongeant l’intervalle QT (certains antibiotiques macrolides, antifongiques azolés, antipsychotiques) peuvent augmenter le risque d’effets indésirables cardiovasculaires pour certaines antihistaminiques. Signalez tout traitement en cours au pharmacien. Les antécédents familiaux de troubles du rythme cardiaque, de maladie hépatique ou d’asthme non contrôlé nécessitent prudence et avis médical.
Surveillance et effets indésirables à surveiller
Après la première prise, observez l’enfant 24 heures : vigilance sur la somnolence excessive, l’irritabilité ou l’inverse (réaction paradoxale, notamment chez le nourrisson), les troubles digestifs (nausées, vomissements), ou tout signe de réaction allergique grave. Tenez un carnet de suivi des doses et des effets observés pour en référer au pédiatre.
Que faire en cas d’urgence ou de surdose
Si l’enfant présente une détresse respiratoire, un gonflement du visage ou de la gorge, une perte de connaissance ou des signes de choc, appelez immédiatement les secours et administrer l’adrénaline auto‑injectable si elle a été prescrite. En cas de surdose présumée sans signes graves, contactez le centre antipoison ou les urgences pour évaluation ; emportez la boîte du médicament et notez l’heure de la prise.
Conseils pratiques pour la pharmacie ou la consultation
Préparez une fiche simple à remettre au professionnel de santé : nom, date de naissance, poids actuel, indication, médicaments en cours, antécédents, allergènes suspects et l’heure de la dernière prise. Cette fiche accélère la délivrance et la prise en charge en cas d’urgence.
Sources et recommandations
Pour valider les recommandations, consultez la notice du médicament, la base de données des médicaments de votre pays et demandez conseil au pédiatre ou au pharmacien. Les sociétés savantes de pédiatrie et d’allergologie publient des recommandations pour la prise en charge des allergies chez l’enfant.
En résumé : privilégier les antihistaminiques de deuxième génération, vérifier l’AMM et la formulation pédiatrique, adapter la dose au poids, surveiller les effets indésirables et demander un avis médical avant d’administrer un traitement aux très jeunes enfants.


